Grève de la faim contre la vaccination obligatoire à l’hôpital de Nice

Plusieurs employés du CHU de Nice ont commencé une grève de la faim pour protester contre l’obligation vaccinale. Les suspensions de soignants inquiètent, alors que les hôpitaux français manquent déjà de personnel.Alors que les suspensions de soignants refusant les vaccins anti-Covid se multiplient, jusqu’à mettre en péril certains territoires, diverses actions de contestation ont vu le jour.

En marge des manifestations de professionnels de santé, certains optent pour une approche plus radicale.À Nice, des employés du Centre hospitalier universitaire (CHU) ont ainsi décidé d’une grève de la faim, rapporte Nice-Matin. Installés sur le parvis d’une église jouxtant l’hôpital, ils crient leur colère contre la vaccination obligatoire. Thierry Paysant, agent de sécurité incendie au CHU, met en cause la gestion de l’établissement, qui mettrait la pression sur les réfractaires.

« La pression est trop forte psychologiquement […] L’hôpital nous appelle jusqu’à la maison pour nous interroger sur notre statut vaccinal. Ce matin, deux infirmières sont reparties en pleurs de leur service après avoir été mises à pied. Pourquoi ne pas leur laisser le choix? […] Aujourd’hui on nous traite comme des criminels parce qu’on refuse la vaccination »

Celui qui est aussi pompier volontaire précise ne pas être foncièrement anti-vaccin, mais se pose des questions sur le « bénéfice risque » des sérums contre le Covid-19.

Même son de cloche du côté de Christophe Nait, aide-soignant de 44 ans qui a aussi décidé de se lancer dans une grève de la faim. Plus encore que l’injection, qu’il pourrait envisager d’accepter à long terme, c’est la logique de sanctions qui le dérange, comme il le confie à Libération.

« C’est du chantage: la peste ou le choléra, le vaccin ou la perte de l’emploi […] Avec le vaccin, c’est l’injection d’un produit expérimental qui me dérange […]C’est trop précipité, trop violent. On n’est pas des robots »

Les deux opposants à l’obligation vaccinale ont reçu le soutien du syndicat Force Ouvrière, lequel craint que les suspensions de personnel ne déséquilibrent encore des services tournant déjà au ralenti, précise France Bleu.

Des suspensions problématiques

Entrée en vigueur le 15 septembre, la vaccination obligatoire pour les soignants a entraîné des vagues de suspensions de personnel. Un jour seulement après l’instauration de la mesure, le ministre de la Santé, Olivier Véran, avait mentionné le chiffre de 3.000 procédures, sans doute parcellaires.

Au CHU de Nice, plus de 300 personnes avaient déjà été suspendues le 16 septembre, sur 7.500 membres du personnel, selon France Bleu.De quoi handicaper lourdement certaines communes, déjà considérées comme des déserts médicaux.

Dans l’Oise ou le Morbihan, plusieurs localités se sont ainsi retrouvées privées de leur généraliste, souvent seul à exercer sur leur territoire. Les maires ont parfois été obligés de se tourner vers des médecins vacataires ou d’inciter à la téléconsultation.

Outre la médecine de ville, c’est tout le système hospitalier qui pourrait pâtir de ces vagues de suspensions, alors que les vacances de postes de soignants sont légion.

« Le système hospitalier est déjà mis à mal. Il y a une pénurie de tous les personnels, il y a 30.000 postes de titulaires non pourvus à l’hôpital. On manque de soignants dans tous les domaines, notamment en réanimation », rappelait ainsi le chirurgien Bernard Kron à Sputnik mi-septembre.

Mais la France n’est pas le seul pays à voir son système hospitalier fragilisé de la sorte. Au Québec, la suspension d’au moins 30.000 professionnels de santé non vaccinés inquiète également.

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